Que faire en cas de krach boursier ? Le guide anti-panique
Les titres des journaux s'affolent, ton portefeuille affiche du rouge partout et tout le monde parle de « krach ». Ton premier réflexe ? Tout vendre avant que ce soit pire. C'est pourtant souvent la pire décision possible. Que faire en cas de krach boursier ? Comment garder la tête froide quand les marchés plongent ? Voici le guide anti-panique de Boursicoton, à lire de préférence avant la tempête.
Que faire en cas de krach boursier ? D'abord, comprendre ce qui se passe
Un krach boursier, c'est une chute brutale et importante des cours, sur quelques jours ou quelques semaines. On parle généralement de krach quand les marchés perdent 20 % ou plus en peu de temps. Ce n'est pas un événement exceptionnel : c'est une étape normale de la vie de la bourse, qui revient régulièrement au fil des décennies.
Quelques exemples marquants :
- L'éclatement de la bulle Internet (2000-2003) : le CAC 40 a perdu environ 65 % entre son sommet de 2000 et son point bas de 2003.
- La crise financière (2007-2009) : près de 60 % de baisse pour le CAC 40 entre 2007 et mars 2009.
- Le Covid (2020) : une chute d'environ 34 % en à peine plus d'un mois pour le S&P 500 américain, qui avait pourtant retrouvé son niveau d'avant-crise dès l'été 2020.
À chaque fois, beaucoup ont cru que « cette fois, c'est différent ». Et à chaque fois, les marchés ont fini par se redresser, parfois en quelques mois, parfois en plusieurs années. Rien ne garantit qu'il en sera toujours ainsi, mais l'histoire montre que la patience a été récompensée.
Règle n°1 : ne pas vendre dans la panique
Tant que tu ne vends pas, ta perte reste latente : c'est une baisse de valeur sur le papier, qui peut se résorber. Au moment où tu vends, elle devient réelle et définitive. Vendre en plein krach, c'est souvent vendre au plus bas, juste avant le rebond.
Et ce rebond arrive souvent sans prévenir. Selon une étude souvent citée de J.P. Morgan Asset Management sur la bourse américaine, une grande partie des meilleures journées boursières surviennent juste après les pires. Rater seulement une poignée de ces journées sur 20 ans aurait pu réduire la performance de moitié environ. Sortir du marché pour « revenir plus tard », c'est prendre le risque de rater précisément ces jours-là.
Le krach fait du bruit, la remontée se fait souvent en silence. Ceux qui sont restés investis en profitent ; ceux qui sont sortis la regardent passer.
Pourquoi une baisse fait si mal : les maths du krach
Un petit calcul aide à comprendre pourquoi les krachs impressionnent autant : après une baisse, il faut une hausse plus forte pour revenir au point de départ.
Si 100 € tombent à 50 €, il faut que leur valeur double (+100 %) pour revenir à 100 €. C'est aussi pour cela que les grandes baisses peuvent mettre du temps à être effacées : le CAC 40, mesuré hors dividendes, a mis plus de 20 ans à retrouver son record de l'an 2000. En tenant compte des dividendes réinvestis, le délai a été nettement plus court, ce qui montre au passage l'importance de les réinvestir.
Règle n°2 : continuer d'investir (si ta situation le permet)
Un krach, c'est aussi une période de soldes. Si tu pratiques l'investissement programmé, chaque versement achète plus de parts qu'avant, à prix réduit. Exemple : 100 € investis chaque mois pendant un an dans un ETF dont le prix passe de 100 € à 60 €, puis remonte à 100 €. Tu as versé 1 200 €… et tu possèdes à la fin environ 15,5 parts, soit à peu près 1 550 €, alors que le prix n'a fait que revenir à son point de départ.
La pire erreur serait justement d'arrêter ses versements pendant la baisse, et de ne recommencer qu'une fois les prix remontés.
Règle n°3 : vérifier ses fondations, pas son cours
Pendant un krach, regarde ton portefeuille le moins possible, et pose-toi plutôt les bonnes questions :
- Mon épargne de précaution est-elle en place ? Si oui, tu n'auras pas besoin de vendre pour faire face à un imprévu.
- Mon horizon a-t-il changé ? Si tu investis pour dans 15 ans, une baisse cette année ne change rien à ton objectif.
- Suis-je bien diversifié ? Un ETF mondial baisse pendant un krach, mais il ne risque pas de disparaître comme une seule entreprise en difficulté.
Si la baisse t'empêche vraiment de dormir, c'est un signal utile : peut-être as-tu investi une part trop importante de ton épargne en bourse. Tu pourras ajuster ta répartition plus tard, à froid, plutôt que de tout vendre dans l'urgence.
Ce qu'il ne faut surtout pas faire pendant un krach
- Vendre tout d'un coup sous le coup de l'émotion.
- Consulter son compte dix fois par jour : ça n'aide pas, ça angoisse.
- Emprunter pour « acheter la baisse » ou miser sur des produits à effet de levier : tu peux perdre bien plus que prévu.
- Suivre les « prophètes » des réseaux sociaux qui annoncent la fin du monde ou le rebond du siècle : personne ne sait ce qui va se passer à court terme.
- Tout miser sur une seule action qui a beaucoup baissé en espérant un rebond rapide : certaines entreprises ne se relèvent jamais.
Questions fréquentes sur les krachs boursiers
Peux-tu prévoir un krach ?
Non, en tout cas pas de façon fiable. Chaque année, des experts annoncent un krach imminent, et chaque année d'autres annoncent une hausse. Certains finissent forcément par avoir raison, mais personne ne sait à l'avance qui. La meilleure protection n'est pas la prédiction, c'est la préparation.
Dois-tu attendre un krach pour commencer à investir ?
Attendre peut coûter cher : les marchés peuvent monter pendant des années avant la prochaine baisse, et le « bon moment » n'est jamais évident sur le moment. L'investissement programmé règle la question : tu investis régulièrement, et les baisses deviennent des occasions plutôt que des menaces.
Mon argent peut-il disparaître complètement ?
Avec une seule entreprise, oui, si elle fait faillite. Avec un ETF diversifié sur des centaines d'entreprises, il faudrait qu'elles s'effondrent toutes en même temps, ce qui ne s'est jamais produit sur les grands indices mondiaux. La valeur peut en revanche baisser fortement et longtemps : d'où l'importance de n'investir que de l'argent dont tu n'as pas besoin à court terme.
À retenir
- Un krach est une étape normale de la vie des marchés : il y en a eu, il y en aura.
- Ne vends pas dans la panique : tant que tu ne vends pas, la perte n'est pas définitive.
- Si ta situation le permet, continue tes versements : tu achètes en soldes.
- La vraie protection se prépare avant : épargne de précaution, diversification et horizon long.
Pour éviter les autres pièges classiques, lis aussi les erreurs à éviter en bourse quand on débute.
Cet article a un but pédagogique et ne constitue pas un conseil en investissement. Investir en bourse comporte un risque de perte en capital : n'investis que l'argent dont tu n'as pas besoin à court terme.